A propos d’un article de la BBC sur des cochons assoiffés, (4 Mai 2017: Woman who helps thirsty pigs evades jail http://www.bbc.com/news/world-us-canada-39799514), Oie et Faucon réfléchissent sur la compassion, la vie et la mort, la propriété privée et le bon sens.

Oie: bonjour Faucon, quelles sont les nouvelles des Espaces aujourd’hui ?

Faucon: il pleut, tout le monde se met à l’abri et la chasse n’est pas facile mais ton appel est un rayon de soleil.

Oie: quel flatteur tu fais! Ecoute plutôt cette histoire qui vient du Canada.

Faucon: ah, nos voisins du nord! Qu’ont-ils fait de spécial qui a attiré ton attention?

Oie: ils n’ont pas condamné une femme qui avait donné à boire à des cochons!

Faucon: eh bien, ils semblent avoir du bon sens, ces canadiens, mais l’idée même de penser à la condamner me semble surréaliste, non?

Oie: sauf si je t’explique les détails: cette femme est une activiste qui veut attirer l’attention sur les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les cochons, particulièreent quand ils sont emportés à l’abattoir dans des camions où beaucoup meurrent de chaud. Elle a donc profité d’un moment où un de ces camions était arrêté pour aller donner à boire aux animaux.

Faucon: ça me rappelle ton histoire de chats et de chiens à Taïwan mais ce qui me fait sourire et oublier la pluie ici, c’est que tu parles de conditions inhumaines à propos de cochons.

Oie: Faucon, tu te moques mais tu sais ce que je veux dire. Elle voulait aider ces animaux mais le conducteur du camion n’a pas aimé et a appelé la police.

Faucon: mais pourquoi a-t-elle été ennuyée? Elle ne faisait que leur donner à boire, non?

Oie: les cochons sont considérés comme une propriété au Canada. En les abreuvant, elle s’occupait de ce qui n’est pas à elle et, selon le plaignant, l’empêchait d’en jouir à sa guise.

Faucon: je me demande finalement si les canadiens ont tant de bon sens que cela! Heureusement pour eux qu’ils l’ont acquittée. Qu’en disent les cochons?

Oie: ils sont morts depuis un moment, Faucon. Tu es sûr que tu m’entends bien? Ils allaient à l’abattoir.

Faucon: je plaisantais, ne te fâche pas! Je me demande tout de même comment les humains vont concilier le fait qu’ils doivent se nourrir avec celui qu’il est impossible de le faire sans détruire d’autres vies.

Oie: certains prônent une diette végétarienne et la compassion.

Faucon: pour la compassion, cela me semble un minimum mais ne savent-ils pas encore que les végétaux sentent et communiquent entre eux comme tout le vivant?

Oie: ils ont moins d’empathie pour eux et je les comprend.

Faucon: Oie, tu me fais rire. Tu es comme moi avec les souris! Elles sont avant tout mon repas, je ne peux pas me soucier d’elles.

Oie: veux-tu dire par là que protéger les cochons n’a pas de sens parce que le vivant se nourrit du vivant, quoique l’on fasse?

Faucon: oui, traiter correctement le vivant me semble normal mais comme la vie demande la mort pour perdurer, vouloir la préserver à tout prix est une erreur et une hyprocrisie. Quand par ailleurs le seul espoir des animaux domestiques est de devenir des animaux de compagnie pour mieux vivre, je pense qu’ils sont devenus comme des humains et qu’ils ont perdu le sens des réalités.

Oie: ce qui finalement explique toutes ces histoires que nous commentons ces temps-ci, ne crois-tu pas? Les humains vivent dans un monde virtuel qui ne ressemble pas au nôtre même si en apparence nous partageons la même terre.

Faucon: et quand dans ce monde on est ennuyé pour avoir donné à boire à un animal, il semble que le bon sens n’y régne plus, ça fait aussi un moment que nous le disons.

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