Bâton: eh Oiseau, tu sais où es Héron? Je ne le vois plus ces temps-ci et les autres animaux ne me disent rien.

Oiseau: il est parti en Oklahoma il y a quelques jours.

Bâton: en Oklahoma? Mais qu’est-ce qu’il va faire là-bas, c’est dangereux, il y a beaucoup de chasseurs.

Oiseau: oh, il est malin, il a sa résidence dans une réserve, c’est plus sûr.

Bâton: oui mais le trajet, la distance…

Oiseau: il vole de nuit et il prend son temps. Il connait bien le chemin, ne t’inquiète pas pour lui.

Bâton: il ne voulait pas rester avec nous?

Oiseau: il y a pensé, surtout si tu lui apportes des poissons régulièrement, mais il fait trop froid et si le lac est gelé, il n’a rien à faire.

Bâton: c’est vrai, je n’y avais pas songé. Il va me manquer. Tu as son adresse?

Oiseau: je l’ai quelque part au cas où quelque chose arriverait.

Bâton: quelque chose?

Oiseau: s’il n’y a plus de poissons par exemple. Tu sais que les étangs sont peu profonds et remplis de feuilles mortes. S’il gèle trop, il n’y a plus assez d’oxygène dans l’eau libre et les poissons meurent.

Bâton: tu plaisantes?

Oiseau: pas du tout, Bâton, ça s’est vu.

Bâton: pour un volatile, tu en connais un rayon sur la nature. Tu m’impressionnes.

Oiseau: voyons, Bâton, comment crois-tu que les animaux survivent s’ils n’apprennent rien du monde qui les entoure?

Bâton: je pensais que c’était l’instinct qui les guidait.

Oiseau: l’instinct! On n’irait pas loin avec l’instinct, les conditions changent vite et il nous faut nous adapter, surtout maintenant que les humains modifient sans cesse l’environnement.

Bâton: tous les animaux sont donc comme cela?

Oiseau: oui, bien sûr, l’intelligence n’est pas réservée aux plantes comme toi.

Bâton: je ne suis pas une plante, Oiseau, je suis un arbre, la partie d’un arbre pour être exact.

Oiseau: ah, c’est vrai, les arbres sont assez orgueilleux de leur statut, j’avais oublié

Bâton: tu avais aussi oublié qu’ils t’abritent et te servent de perchoir ! Mais dis-moi, comment lui fais-tu parvenir du courrier à Héron?

Oiseau: pour les longues distances, les oies ou les canards s’en chargent. Pour les petites distances, tu peux compter sur les chouettes ou les hiboux.

Bâton: vous êtes vraiment bien organisés!

Oiseau: ah, ah, tu ne sais pas tout, Bâton! Le monde que tu imagines n’est pas forcément le monde tel qu’il est. Si tu ne le vois que de ton point de vue, tu es borgne. Que cela ne t’empêche pas de chanter, ceci dit.

Bâton: ne t’en fais pas, Oiseau, ne t’en fais pas, j’ai retenu ton conseil. Et tu m’ouvres de nouvelles portes, je devrais venir parler avec toi plus souvent

Oiseau : tu sais où me trouver et tes questions me font réfléchir donc tu vois, le plaisir est réciproque

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