Ecureuille: ah, Baies Bleues, dites-moi, comment ça se passe chez Bâton, vous avez trouvé le bonheur?

Baies Bleues: Ecureuille, tu es bien curieuse! Nous nous sentons bien et nous savons que notre vie ne sera pas vaine, cela te semble-t-il une bonne réponse?

Ecureuille: c’est en tout cas mieux que de ne se sentir ni bien, ni à sa place mais vous manque-t-il quelque chose?

Baies Bleues: non. Nous sommes admirées, nous savons que notre présence est source de joie, nous savons que nos désirs seront comblés, nous comptons pour quelqu’un, que demander de plus?

Ecureuille: la liberté, l’idée que tout est ouvert et possible.

Baies Bleues: nous avons vécu longtemps libre et dans l’attente mais l’horizon ne s’ouvrait plus que sur des paysages déjà connus et de plus en plus vides. Il nous fallait du changement, nous l’avons eu et nous ne regrettons rien.

Ecureuille: vous avez renoncé à votre liberté pour ne plus vous occuper que d’un seul?

Baies Bleues: oui, tu peux dire cela. Nous avions besoin d’une attache. Le bonheur, pour nous, était dans le partage.

Ecureuille: moi, j’aime me débrouiller seule et je ne veux pas être prisonnière d’un seul passant. C’est cela le bonheur, pouvoir choisir.

Baies Bleues: si tu peux le faire, c’est bien, mais nous, nous n’avions plus cet espoir puisque nous n’attirions plus la convoitise de ceux pour lesquels nous étions destinées. Nous étions devenues invisibles. Comment être heureuses quand aucune de nos actions ne compte ?

Ecureuille: vous voulez dire que le bonheur dépend des autres? Vos actions pouvaient vous satisfaire pour elles-mêmes, non ?

Baies Bleues: nous étions heureuses de savoir que nous étions jolies et en route pour un beau voyage et cela semblait nous suffire mais le jour où celui qui devait venir nous prendre nous a ignoré, il n’y avait plus de bonheur possible puisque nous n’avions plus de sens.

Ecureuille: pourtant, Bâton vous a cueilli pour décorer sa maison, rien de plus. Il aime une plante de son espèce.

Baies Bleues: il nous aime aussi à sa façon et surtout, il nous permet de réaliser notre destinée, alors qu’importe le reste.

Ecureuille: mais le bonheur n’est-il pas aussi dans le regard que l’on porte sur soi?

Baies Bleues: parfois nous avons envie de sourire et nous le faisons parce que nos soucis ont disparu, ne crois-tu pas que c’est un bon signe? Notre vie telle qu’elle est maintenant nous suffit. Pour le reste, nous ne nous posons pas de questions.

Ecureuille: alors oui, vous semblez avoir trouvé le bonheur, Pour moi, je l’avoue, s’occuper des enfants seule est parfois un fardeau mais je reste fidéle à mes choix parce qu’ils s’appuient sur mon expérience, pas sur des valeurs imposées. Je suis sûre que s’encombrer d’un compagnon à demeure serait plus de soucis que d’avantages donc je ne pourrais plus sourire si souvent,

Baies Bleues:si tu es d’accord avec toi-mêmes et que tu vis bien, ça semble suffisant, non ?  Le bonheur est toujours relatif et un peu égoïste mais comme tu vois, il a aussi besoin des autres, présents ou pas, pour apparaître.

Ecureille : nous sommes donc d’accord malgré nos différences. C’est le rapport satisfaisant que l’on établit peu à peu avec le monde qui définit notre bonheur.

Baies Bleues : ce sera donc notre définition pour l’instant et nous verrons s’il faut la réviser plus tard!

Ecureuille : le rendez-vous est pris, Baies Bleues, le rendez-vous est pris !

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