Où l’on constate qu’effectivement et grace à Bâton, tout vient à qui sait attendre!

Bâton: Baies bleues, vous qui êtes si jolies, tout vous sourit-il dans la vie?

Baies Bleues: hélas non Bâton, nous sommes jolies mais à quoi bon être jolies si ceux pour qui nous nous sommes préparés ne veulent pas de nous? C’est attendre sans espoir.

Bâton: que voulez-vous dire, ne veulent pas de vous? Qui pourrait ne pas vous admirer et vous désirer?

Baies Bleues: les oiseaux, Bâton, les oiseaux pour qui nous sommes destinées et qui nous ignorent. Tout le printemps et tout l’été nous nous préparons pour eux, nous évitons les parasites et la grêle et coups du sort afin d’arriver à ce bleu luisant qui nous va si bien sur le fond jaune des feuilles mais ils ne viennent pas vers nous, ils passent là-haut dans le ciel sans même nous regarder.

Bâton: n’y a-t-il rien que vous puissiez faire?

Baies Bleues: rien, Bâton, rien. Il y a longtemps, nous savions les appeler dans leur langue mais ils n’ont pas voulu nous entendre et la parole nous a été ôtée. Depuis, nous n’avons que les couleurs pour nous faire désirer mais ce n’est pas suffisant puisque nous sommes toujours là.

Bâton: je vous admire et je vous cueillerais bien volontiers pour vous emporter avec moi mais je ne pourrais jamais vous manger, j’en ai peur. Je ne crois pas que je vous digérerais facilement.

Baies Bleues: Bâton, tu es gentil et tu parles notre langue. Tu n’as pas besoin de nous manger, nous emporter suffit, c’est comme cela que nous colonisons de nouvelles terres et c’est ce que nous voulons avant tout. Les oiseaux ne sont que nos porteurs traditionnels mais si toi tu t’occupes de nous, nous ne nous serons pas préparées en vain et tu nous permettra d’atteindre notre but.

Bâton: alors je vous cueille et je dis merci à ces stupides oiseaux qui vous ont délaissés. Ils font mon bonheur.

Baies Bleues: ainsi, c’est bien vrai, tout vient à qui sait attendre! Nous l’avions entendu dire mais nous ne pensions pas que cela pourrait nous concerner,  surtout pas de cette façon.

Bâton: vous aviez tort de désespérer même si ce que je vous offre ne ressemble pas à ce que vous imaginiez.  Vous verrez, votre vie chez moi sera beaucoup plus agréable qu’elle n’aurait pu l’être dans l’estomac d’un volatile. Plus agréable et bien différente de ce que vous pensiez si les projets que je viens d’avoir en vous voyant deviennent un jour réalité.

Baies Bleues: tu nous intrigues…

Bâton: oui, mais je ne vous en dirai pas plus pour l’instant, je dois d’abord réfléchir.

 

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